L’économie
Plan directeur pour un renouveau économique
[Dialogue communautaire sur les priorités économiques d’Ottawa-Centre]
Introduction
Le 24 janvier 2009, j’ai conclu mes consultations auprès des groupes communautaires et des résidants d’Ottawa‑Centre pour discuter de leurs priorités économiques par un dialogue communautaire qui s’est tenu au Centre Bronson.
Notre collectivité cherche des solutions à la crise économique. L’injection de fonds à court terme ne suffit pas. Il faut plutôt se doter d’une stratégie bien réfléchie qui permette une transformation à long terme de notre économie pour la rendre plus verte et plus soucieuse des besoins de la population. Le dialogue communautaire nous a permis de recueillir auprès des citoyens des idées novatrices qui méritent d’être défendues à la Chambre des communes.
L’économiste Mike McCracken (fondateur d’Informetrica) a ouvert la séance de discussion en faisant le point sur l’état de notre économie dans l’actuel contexte de récession mondiale. De récents rapports indiquent qu’en janvier seulement, le Canada a perdu 129 000 emplois. Depuis octobre 2008, le nombre de pertes d’emplois au Canada s’élève à 213 000. Nous entamons une période très difficile et le gouvernement doit agir pour relancer l’économie.
Les participants se sont répartis en petits groupes à l’intérieur desquels ils ont discuté de solutions pour renforcer l’économie. Que ce soit en matière de logement ou de transport urbain, de garderies ou d’industrie de haute technologie, de développement de la petite entreprise ou d’éducation, les participants au dialogue communautaire ont proposé des solutions qui peuvent à la fois relancer l’économie et régler certains problèmes sociaux et environnementaux.
Malheureusement, le budget de 2009 manque de vision. Le gouvernement dépense des milliards de dollars sans se soucier de protéger les plus vulnérables, de préserver les emplois ou de créer de nouveaux emplois de cols verts. Il importe toutefois de maintenir la pression pour que les personnes qui ont le plus besoin de travailler puissent occuper les emplois qui font le plus cruellement défaut.
Dialogue communautaire sur les priorités économiques
D’abord et avant tout, la collectivité veut être sûre que les mesures nécessaires sont prises pour soutenir les personnes touchées par la crise économique. Certains participants craignent que de nombreux travailleurs, en particulier des femmes, ne puissent se prévaloir du fonds d’assurance‑emploi auquel ils ont cotisé. La communauté recommande de garantir un accès équitable et rapide à l’assurance‑emploi et d’adopter des mesures de sécurité du revenu pour protéger les pensions et les fonds de retraite. Les groupes recommandent aussi de protéger les consommateurs contre l’exploitation.
L’environnement a retenu l’attention dans toutes les discussions. Les participants conviennent que les sommes investies dans la rénovation des immeubles au Canada ‑ notamment les immeubles publics et privés, en particulier les logements sociaux – sont une excellente façon de créer des emplois et de réduire, par la même occasion, nos émissions de gaz à effet de serre. Les participants ont aussi pris position en faveur de formes d’énergie de remplacement durables, notamment l’énergie solaire, géothermique ou éolienne, pour créer des emplois et réduire les coûts. La communauté recommande de soutenir la production alimentaire locale et d’investir dans des toitures plus écologiques.
Le logement abordable est un autre thème qui a beaucoup retenu l’attention. À cet égard, les participants préconisent l’adoption d’une stratégie nationale du logement et de mesures de soutien aux coopératives d’habitation et aux logements sans but lucratif afin de créer des emplois et d’offrir des logements à loyers abordables. Parmi les autres projets d’infrastructure, les participants voient d’un bon œil les investissements dans le transport en commun pour rendre nos villes plus efficientes, abordables et vertes.
Les participants recommandent d’investir dans l’éducation et la formation pour préparer une nouvelle génération de main-d’œuvre en prévision du passage à l’économie verte. Les investissements doivent être axés sur une formation en lien avec les emplois existants sur le marché du travail et prévoir des programmes de formation en entreprise qui puissent inciter les entreprises à engager des travailleurs nouvellement formés. Les participants ont insisté sur l’importance d’offrir aux futurs étudiants des subventions plutôt que des prêts pour les aider à payer leurs frais de scolarité.
Étant donné les taux disproportionnés de pauvreté chez les néo-Canadiens, les participants recommandent que les titres de compétence étrangers soient justement et rapidement reconnus, en particulier dans le cas des médecins, des infirmières et infirmiers et des ingénieurs formés à l’étranger. Les participants au dialogue communautaire recommandent chaudement la formation en entreprise pour les métiers spécialisés et les professionnels formés à l’étranger.
La collectivité réclame une réduction de la réglementation applicable aux programmes de financement de façon que les investissements puissent rapidement se concrétiser. Les participants s’inquiètent toutefois de l’affaiblissement des mesures d’évaluation environnementale.
Les participants réclament l’appui du gouvernement à l’égard du secteur de la haute technologie. Plusieurs ont évoqué l’importance de ce secteur pour l’emploi à Ottawa, mais on a aussi insisté sur le rôle de l’innovation technologique pour rendre notre économie plus verte.
Les participants au dialogue communautaire ont insisté sur l’importance de soutenir les petites entreprises et ont recommandé des mesures pour leur faciliter l’accès au crédit. Ils ont notamment servi la mise en garde suivante, à savoir que le crédit aux petites entreprises ne doit pas crouler sous le poids des formalités administratives. Il convient, selon eux, de mettre à l’essai des mesures de microcrédit pour rendre le crédit plus accessible aux petites entreprises déjà existantes et à celles qui voient le jour.
Les membres de la collectivité croient qu’il faut appuyer les arts et la culture pour créer des emplois, nourrir notre collectivité et venir à bout des problèmes sociaux. Il convient d’appuyer financièrement les artistes et les festivals locaux, compte tenu des importants avantages qu’ils procurent aux entreprises de la région. L’appui aux familles pour survivre à la crise économique est un autre thème qui a beaucoup alimenté les discussions. Les recommandations ont porté notamment sur la création de places en garderie et sur le financement des soins à domicile pour les aînés.
Tous les groupes ont évoqué les possibilités de collaboration avec la nouvelle administration progressiste de Barack Obama aux États-Unis. Les participants ont notamment invité le gouvernement à collaborer avec l’administration Obama pour créer un régime nord-américain de quotas et d’échanges pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils ont aussi exprimé l’espoir que l’ALENA puisse être amélioré afin de favoriser des échanges justes et viables entre nos deux pays.
Budget 2009 : Manque de leadership
Le budget 2009 témoigne d’un manque de leadership. Contrairement à la vision bien arrêtée proposée par notre collectivité pour mettre en place une politique économique de nature à renforcer l’économie et à améliorer le sort de notre pays, les conservateurs proposent un dosage approximatif de dépenses.
Pour bien des Canadiens qui ont déjà perdu leur emploi et pour d’autres qui s’inquiètent de leur sécurité d’emploi, le budget est une occasion d’améliorer l’assurance-emploi. Toutefois, le gouvernement Harper n’a rien fait pour dégeler les taux hebdomadaires, abolir la période de carence de deux semaines et améliorer les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi pour les rendre plus justes.
Le budget ne comporte aucune nouvelle mesure destinée aux anciens combattants, ni aucune augmentation de la Sécurité de la vieillesse. Il laisse tomber les familles qui ont besoin de garderies, puisqu’il rate l’occasion de créer de nouvelles places en garderie et d’engager davantage de travailleurs en garderie. Qui plus est, il s’attaque directement aux droits des femmes à une rémunération égale pour un travail de valeur équivalente.
L’argent réservé aux projets d’infrastructure est assujetti à des restrictions très strictes et à des formalités administratives qui ralentiront l’injection de fonds dans l’économie. Ce qui est pire encore, c’est que pour avoir accès aux fonds promis pour les projets d’infrastructure, les provinces et les municipalités déjà à court d’argent devront financer jusqu’à 60 % des projets avant d’avoir droit à l’aide fédérale.
L’enjeu qui est le plus passé sous silence dans le budget est l’environnement. Les conservateurs n’ont aucune stratégie pour soutenir l’industrie verte, aucun plan pour instituer un système de quotas et d’échanges, et leur budget affaiblit les mesures d’évaluation environnementale. Même si des fonds sont prévus pour la rénovation domiciliaire, il n’y a aucun encouragement direct à investir dans des programmes d’amélioration de l’efficacité énergétique. Tout ça, à un moment où l’administration Obama prend des mesures audacieuses pour faire de l’environnement une priorité aux États‑Unis.
Une lecture attentive des documents budgétaires m’a permis de constater qu’il y a un trou de 8,7 milliards de dollars dans les finances du pays. Même si au moment de présenter sa mise à jour économique en novembre, le gouvernement s’est couvert de ridicule en gonflant ses chiffres pour y inclure la vente fantôme d’actifs du gouvernement, les recettes prévues à ce titre figurent de nouveau dans le budget de 2009. Le gouvernement ne donne aucune explication quant à la façon dont il compte s’y prendre pour combler ce trou béant dans les finances du pays. Il a le choix entre les options suivantes : braderie d’actifs, licenciements, compression de programmes ou augmentation des déficits.
Par ailleurs, dans la loi portant exécution des mesures prévues dans le budget, les conservateurs prévoient réduire les salaires dans la fonction publique, assouplir les règles sur la propriété étrangère, ouvrir la porte à la propriété étrangère d’Air Canada, éliminer les évaluations environnementales et s’en prendre aux étudiants qui ont besoin de prêts pour payer leurs frais de scolarité.
Le Parti libéral a choisi d’appuyer le plan économique d’Harper. Je suis déçu de sa décision, mais je continue à défendre la vision claire proposée par notre collectivité pour favoriser des investissements qui relanceront l’économie et amélioreront le sort de notre pays.
Info contact
Paul Dewar, Député
Nouveau parti démocratique
Ottawa Centre
1306 rue Wellington ouest
Ottawa Ontario
K1Y 3B2
613-946-8682
Version pdf. 
